Page 119 - Atouts-Cameroun-2017-FR
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Ces affirmations sont à la base de la politique de bon voisinage que le gouvernement de Yaoundé mène avec les pays voisins. Compte tenu de la position géographique occupée par le Cameroun, cette politique répond aussi à une nécessité. Une partie non négligeable des échanges extérieurs du Tchad et de la RCA tran- site en effet à travers le Cameroun.Un autre exemple est fourni par la construction du Pipeline Doba-Kribi qui permet d'évacuer le pétrole du sud du Tchad. Le commerce avec le Gabon et le Congo Brazzaville est également un facteur de stabilité dans les relations entre les pays concernés. Si l’on excepte les pro- blèmes relatifs au banditisme transfrontalier avec le Tchad et la RCA, les apports du Cameroun à ses six voisins ne posent pas de problèmes majeurs. Les relations entre Yaoundé et Abuja qui étaient tendues du fait de l’occupation de Bakassi par l’armée nigériane se normalisent progressivement, depuis le retour de cette pénin- sule à la mère-patrie.BAKASSI RETOURNE À LA MÈRE-PATRIEEn application de l’arrêt de la Cour internatio- nale de justice du 10 octobre 2002 et en confor- mité avec l’accord de Greentree (Etats-Unis) du 12 juin 2006, la double cérémonie de retrait des forces nigérianes de Bakassi et de transfert d’autorité au Cameroun sur cette péninsule a eu lieu le 14 août 2008 à Calabar (Nigeria). Avec cette cérémonie de rétrocession, l’on peut affir- mer que le différend frontalier de la péninsule deLe Président Paul Biya et son homologue gabonais Ali BongoBakassi entre Camerounais et Nigérians relève désormais du passé. Cet aboutissement est le fait d’une volonté partagée entre Abuja et Yaoundé de préserver et de consolider les acquis de soli- darité et de bon voisinage, dans le cadre d’une communauté d’intérêt et de destin.Pour autant, les dirigeants des deux pays ne sau- raient dormir sur leurs lauriers, tant il est vrai que la paix à Bakassi comme ailleurs, a toujours été une quête permanente, une œuvre jamais ache- vée. De ce fait, l’après-Calabar appelle un ren- forcement des échanges et de la coopération entre Abuja et Yaoundé. Acquis à la conviction que les frontières ne sauraient constituer un motif suffisant d’affrontement entre pays africains déjà confrontés aux affres de la pauvreté et de la maladie, le Cameroun et le Nigeria ont aujourd’hui de nouveaux défis à relever.De nouveaux chantiers à conduire. Les moindres n’étant pas de densifier et de raffermir la coopéra- tion bilatérale, d’ouvrir un chapitre nouveau au fronton de l’amitié séculaire qui lie les deux peu- ples frères et amis. Et là encore, personne ne devrait s’y tromper : ce combat n’est pas non plus gagné d’avance. Au contraire, la tâche est ardue, le chemin parsemé d’embûches. Il s’agit pourtant d’un point de passage obligé, la voie royale pour garantir à l’Afrique un meilleur devenir.UN MODÈLE DE RÉGLEMENT DE DIFFÉRENDSLe retrait nigérian de la péninsule de Bakassi constitue une victoire du droit et de la diplomatie sur la force. C’est un exemple qui fait tacheLES ATOUTS ECONOMIQUES DU CAMEROUN119


































































































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