Page 120 - Atouts-Cameroun-2017-FR
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120d’huile. Il concrétise la détermination des prési- dents Paul Biya et Olusegun Obasanjo d’œuvrer pour une mise en œuvre intégrale de l’arrêt de la cour internationale de justice. Avec le retrait des troupes nigérianes de Bakassi, Abuja a posé un important acte de confiance qui devrait inaugu- rer une ère nouvelle de paix et de coopération entre Yaoundé et Abuja. Ainsi, Bakassi, qui a été pendant de longues années un point de dispute entre Nigérians et Camerounais, doit devenir un symbole fort de paix et de fraternité.En plus du retrait des troupes d’Abuja de la presqu’île de Bakassi, il convient de rappeler que deux importants jalons ont été franchis dans le pro- cessus de normalisation entre le Cameroun et le Nigeria. En 2003 et 2004, le retrait de l’adminis- tration civile, des forces militaires et de police ainsi que le transfert d’autorité ont eu lieu dans la zone du Lac Tchad où 33 villages ont été transférés du Nigeria au Cameroun et trois du Cameroun au Nigeria. Quant aux travaux de démarcation de la frontière terrestre longue de 1600 km et qui s’étend du Lac Tchad à la péninsule de Bakassi, ils ont com- mencé et se poursuivent avec le concours technique et financier des partenaires d’Abuja et Yaoundé.LE CHOIX PACIFIQUE DE PAUL BIYATout au long du processus de règlement du diffé- rend frontalier entre le Cameroun et le Nigeria, le président Paul Biya a su garder la tête froide, même lorsque les esprits s’échauffaient comme au lendemain de l’invasion de la presqu’île de Bakassi par l’armée nigériane. Bien que la sou- veraineté territoriale du Cameroun ait été violée,Paul Biya a opté pour un règlement pacifique. Sa démarche s’est inscrite dans la durée, pour lais- ser le temps au temps. Le chef de l’Etat camerou- nais, qui par nature, est partisan de la paix a même pris le risque d’agir contre une frange de l’opinion publique nationale, en jouant la carte du droit international, contre celle de la confron- tation armée. La justesse de ce choix pacifique est justifiée enfin.Certes le président Paul Biya a joué un rôle capital dans la mise en œuvre pacifique du verdict de la Cour Internationale de Justice, mais il convient de relever qu’on aurait eu du mal à parvenir au résultat actuel sans l’adhésion sans équivoque au proces- sus en cours du président Olusegun Obasanjo du Nigeria et l’implication personnelle du Secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan. L’action de ces trois personnalités s’inscrit dans une synergie impliquant également les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne.LE RÔLE CAPITAL DE LA COMMISSION MIXTE CAMEROUN-NIGÉRIAApproche novatrice dans la résolution des conflits inter-Etats, la commission mixte Cameroun-Nigeria a permis aux deux Etats de maintenir entre eux la possibilité de dialoguer et de surmonter au fur et à mesure les obstacles à la mise en œuvre de l’arrêt de la CIJ avec l’appui des Nations Unies. Présidée par le représentant spécial du Secrétaire général de l’organisation mondiale, Ahmedou Ould Abdallah, la commis- sion mixte Cameroun-Nigeria a reçu un mandat englobant les aspects suivants :Le président Paul Biya en voyage officiel au Nigeria en mai 2016, reçu par son homologue nigérian Mr. Muhammadu BuhariLES ATOUTS ECONOMIQUES DU CAMEROUN


































































































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