Page 128 - Atouts-Cameroun-2017-FR
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128LES ATOUTS ECONOMIQUES DU CAMEROUNLes accords de partenariat économique (APE) sont des accords commerciaux visant à développer le libre échange entre l’Union européenne et les pays ACP. Ils prévoient, notamment, la suppres- sion immédiate des droits de douane sur les pro- duits originaires des pays signataires entrant dans l’UE, et la suppression progressive des droits de douanes sur les produits originaires de l’Union européenne lors de leur entrée dans les pays signataires. Pour les pays ACP, les règles commer- ciales sont déloyales et on y observe deux poids, deux mesures. Les industries moins avancées d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique ne seront pas capables de rivaliser avec l’Europe et de nou- velles industries ne pourront pas se développer. Ceci mettra les économies de ces pays à rude épreuve. Ainsi, l’emploi et l’avenir de millions de pauvres seront mis en danger. Ces accords esti- ment les pays ACP, doivent être révisés sur un modèle de coopération gagnant-gagnant.En attendant, quelques pays dont le Cameroun ont signé un APE intérimaire. Cependant, toutes les régions ACP continuent de mener des négo- ciations pour des accords complets régionaux équitables pour tous. Et alors même que les ACP n’y voient pas encore clair, l’UE a fixé au 4 août 2016 la date d’entrée en vigueur de l’accord conclu avec le Cameroun. Une pression que dénoncent les ACP, craignant de voir les plus pauvres d’entre eux pénalisés.LE CHOIX STRATEGIQUE DU CAMEROUNSe rendant compte que les négociations en vue d’une évolution directe vers un APE avec toute la région Afrique centrale piétinent et que la plupart des autres pays de la région ne semblent paspréoccupés face à la menace qui plane, le Cameroun, dos au mur, n’a pas eu d’autre choix que de franchir l’étape de la ratification de l’APE intérimaire, tout en continuant d’impulser les négociations au niveau régional. La préservation par Yaoundé de ses intérêts vitaux participe de la nécessité d’éviter l’effondrement des pans entiers de son économie car il faut sauvegarder les mil- liers d’emplois créés autour des exploitations agricoles bénéficiaires des échanges commer- ciaux préférentiels avec l’UE.Toutes choses qui peuvent freiner la dynamique actuelle de la croissance. C’est là tout le sens à donner à l’adoption, par le parlement bicaméral au cours de sa session de juin 2014, de la loi autorisant le président Paul Biya à ratifier l’ac- cord d’étape vers un APE entre la Communauté européenne et ses Etats-membres d’une part, et la partie Afrique centrale, d’autre part, dans le sil- lage de la recherche ou de la conservation par l’économie camerounaise des débouchés pour écouler sa production.Le Cameroun accepte, en contrepartie de l’accès préférentiel réservé à ses produits sur le marché de l’UE, d’ouvrir à son tour son marché intérieur, à concurrence de 80 % des importations en prove- nance de l’UE. La libéralisation des échanges qui sous-tend la structure de l’APE intérimaire s’étalera sur 15 ans, avec une période moratoire de deux ans, et se fera par groupe de produits.Chaque médaille ayant son revers, l’ouverture du marché camerounais va engendrer des pertes de recettes douanières, et pourrait mettre à mal le tissu produc- tif national encore essentiellement embryonnaire. Pour atténuer cet impact, un plan d’adaptation de l’économie camerounaise à l’APE a été arrêté.Cérémonie d'ouverture du Conseil des Ministres Afrique - Caraïbes - Pacifique (ACP) le 25 avril 2016, à Dakar


































































































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