Page 186 - Atouts-Cameroun-2017-FR
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186Massifier les investissements, pour relancer la croissancecontrarier fondamentalement les objectifs de crois- sance et remettre en cause la marche vers le pro- grès économique et social. Cependant, ces vents contraires, qui sont loin de s’estomper, et qui ont parfois contraint à différer des investissements d’en- vergure à l’instar de l’exploitation du fer de Mbalam (environ 6 milliards de dollars américains d’investissements reportés, soit plus de 3.000 mil- liards de F.CFA), vont être adressés avec plus de vigueur au cours des prochaines années.Les grands projets de première génération attein- dront en 2018 leur point d’achèvement. 2020 est le début d’un nouveau phasage de la mise en œuvre de la Vision de développement du Cameroun à l’horizon 2035. Entre les deux périodes, subsistent des gaps qui doivent impérati- vement être couverts, tels les investissements dans l’infrastructure du numérique, le parachèvement de certaines voies de communications indispensables pour relier les zones de production aux marchés, ou encore des projets inscrits dans le Plan d’Urgence. Sur ce dernier sujet, le Chef de l’Etat ne disait-il pas que « la finalité première du Plan d’Urgence réside dans la nécessité de renforcer les performances de l’économie nationale, et d’améliorer les conditions de vie des populations camerounaises en vue d’at- teindre l’objectif de l’émergence en 2035 ». Par ail- leurs, certains projets ne seront pas achevés en 2018, comme l’autoroute Yaoundé-Douala. Pour ne pas avoir à supporter le coût de l’attentisme que pourrait induire le temps de latence entre la fin du premier cycle des grands projets et le lancement d’un second cycle, il faut agir. Et vite.LES ACTIONS PHARES DEPUIS 2010A partir de 2010, le Gouvernement camerounais a mis en œuvre un ambitieux programme d’inves- tissements publics en infrastructures structurantes, notamment dans les domaines du transport et de l’énergie, afin d’améliorer la compétitivité del’économie. Ce volontarisme économique a généré une croissance régulière du PIB, qui est passée de 3,3 % en 2010 ; 4,1 % en 2011 ; 4,6 % en 2012 ; 5,6 % en 2013 ; 5,9 % en 2014 et 5,8 % en 2015. Ce qui a valu au Gouvernement, les félicitations express de tous les partenaires au développement pour la bonne ges- tion de certains de ces projets ; le dernier satisfe- cit en janvier 2016 est du Directeur Général du FMI, qui au cours de la réception à elle offerte par le Président BIYA, a dit tout le bien qu’elle pense des projets comme le barrage de LOM PANGAR et le Port en eau profonde de Kribi.Les bonnes performances réalisées depuis lors, ont amené les analystes à qualifier l’économie camerou- naise de « résiliente » pour traduire sa singularité dans un contexte international et régional de repli prolongé de l’activité économique depuis 2013/14. De fait, depuis 2010, date de mise en œuvre du DSCE, le Cameroun est passé d’une mol- lesse économique à une certaine vigueur, avec un taux de croissance projeté à 5,9 % en 2016. En effet, grâce aux changements et transformations économiques induites par la mise en œuvre du DSCE, notamment à travers le Programme de Grands projets adossés sur l’axe stratégique N°1 portant sur le « Développement des infrastructures », l’économie camerounaise a été en mesure d’affron- ter les effets pervers (i) des contrecoups de la guerre contre la secte terroriste Boko Haram ; (ii) des condi- tions moins conciliantes sur le plan international, et de ses principaux partenaires commerciaux, en particulier la Chine, qui s’emploie à revisiter son modèle économique ; (iii) de la baisse prolongée des cours des matières premières, en l’occurrence le pétrole ; (iv) du durcissement des conditions d’em- prunt, (v) de la persistance des dérèglements clima- tiques, surtout dans la région de l’Extrême-Nord et (vi) de l’afflux des réfugiés sur notre territoire.Cette conception des moteurs de notre progrès économique de ces dernières années est cru- ciale, en ce sens qu’elle est déterminante pour le choix de nos politiques économiques futures qui du reste, permettront à l’économie camerounaise d’atteindre les objectifs-clé du DSCE à l’horizon de la stratégie, en 2020.LES PERSPECTIVESSi le stock de capital public a sensiblement aug- menté dans notre pays depuis 2010, des gaps ou des poches de déficits existent, par exemple dans la capacité de production énergétique du pays ou l’arrimage à des standards numériques internatio- naux. Cela appelle à un renforcement et une den- sification des actions pour maintenir et étendre les premiers acquis. Aussi, ce programme infrastructu- rel sera plus à même d’opérer la transformation économique voulue par le Chef de l’Etat, en inves- tissant dans les nouvelles sources de croissance identifiées dans le Plan Directeur d’Industrialisation (Energie, Numérique et Agro-industrie).LES ATOUTS ECONOMIQUES DU CAMEROUN


































































































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