Page 187 - Atouts-Cameroun-2017-FR
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187Aussi, l’accent sera-t-il mis sur une politique de relance qui se fonde sur les effets multiplicateurs de la demande d’investissements. Tout en privilé- giant celle-ci, cette option insisterait davantage sur des mesures d’appoint par la massification des investissements pour générer un environne- ment des affaires qui soit propice au développe- ment durable du secteur privé.. En raison de la légère décélération observée en 2015, cette option, opportune et pertinente, vise à créer des routes vers les marchés et les centres de consom- mation, investir davantage dans le numérique comme l’a prescrit le Chef de l’Etat, faciliter le rac- cordement à l’énergie électrique et à l’eau, offrir plus de services de télécommunications et d’inter- net de qualité aux opérateurs économiques, amé- nager les principaux corridors commerciaux.C’est pourquoi, conforme à la vision du Chef de l’Etat, le Gouvernement va procéder au lancement d’un Programme de Grands Travaux de seconde génération, qui devrait prendre le relais de celui en cours d’achèvement.Il s’agit entre autres de la construction des lignes ferroviaires conformément au Schéma ferroviaire national approuvé en 2011. de la construction du troisième pont sur le Wouri et celle du Port de Limbe;ainsi que de la densification de la fibre optique sur tout le territoire national.Cet engagement a d’autant plus d’acuité que les épreuves que doit affronter l’économie camerou- naise au cours des prochaines années sont les plus difficiles qu’elle ait eu à vivre depuis 2010, notam- ment avec l’avènement de l’APE, et d’autres menaces grandissantes, à l’instar de la contrebande qui détruit des pans entiers de l’économie, l’afflux des réfugiés, singulièrement dans la région de l’Est.Le Gouvernement ambitionne ainsi, à travers la mise en place d’un Programme de Grands travaux de 2ème génération, de poursuivre le trend amorcé au cours des cinq premières années de mise en œuvre du DSCE d’une part, et de créer les conditions durables d’un environnement propice au développement du secteur privé, principal créateur des richesses. Il s’agit d’une policy mix qui agit sur la demande d’investissements pour supprimer ou réduire les rigidités, et libérer l’offre. Ce regain de volontarisme économique sur les grands projets de seconde génération, associé à une politique active d’appuis directs au secteur privé qui, tout en s’inten- sifiant par un meilleur ciblage des « champions nationaux », stimulerait la production à court terme, en incitant la demande globale ; et à long terme, en augmentant la capacité productive de l’écono- mie. Etant entendu que le surcroît d’investissement public dans l’infrastructure donne au PIB une impul- sion qui compense l’augmentation de la dette, de sorte que le ratio dette publique/PIB ne progresse pas, comme le démontrait le FMI (2014).La relance par la demande d’investissements qui s’inscrit dans la continuité de la mise en œuvre du DSCE, passerait par la mise en œuvre d’une deuxième génération des grands projets d’investis- sement, mettant le secteur privé au centre de leur implémentation. L’accent sera par conséquent mis sur les investissements productifs avec un accom- pagnement soutenu des pouvoirs publics, pour faire de l’investissement privé, un relais de l’inves- tissement public à l’horizon de la mise en œuvre de notre stratégie. Cette orientation contribuera à l’émergence ou à la consolidation des « cham- pions nationaux » dans les filières porteuses de l’économie camerounaise (agro-industries, numé- rique, énergie...) dans la perspective d’un proces- sus d’industrialisation soutenue par le secteur privé. Déjà, le Ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT) a engagé des discussions avec le GICAM pour développer cette approche bâtie autour des « capitaines d’industries » ; approche volontariste qui passera par des appuis directs au profit de certaines filières préalablement sélection- nées sur la base des critères objectifs.Au-delà du levier que représente le budget d’in- vestissement public (BIP), la stratégie future consis- tera à mobiliser les partenaires traditionnels pour des appuis plus conséquents au secteur privé, bénéficiant de la garantie publique.Les marges de financement de cette option volon- tariste articulée autours des grands projets de 2nde génération existent, tant sur le plan interne, avec les bonnes performances enregistrées sur la plan de la mobilisation des ressources internes, qu’externe, compte tenu du niveau d’endettement dont l’encours de la dette publique à garantie publique ne représente que 27,3% du PIB à fin juillet 2016, c’est-à-dire, assez éloignée de la norme communautaire de 70% nPose de la première pierre de l’usine de transformation cacao à KekemLES ATOUTS ECONOMIQUES DU CAMEROUN


































































































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