Page 298 - Atouts-Cameroun-2017-FR
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298LES ATOUTS ECONOMIQUES DU CAMEROUNagricoles. Comme exemple, en utilisant le riz de 4e grade qui généralement est destiné à l’alimen- tation des animaux, on développe de nombreux produits : gâteaux, biscuits « gluten free » à base de la farine de riz procurant ainsi un profit d’au moins 40% aux producteurs et aux transformateurs. Les pratiques alimentaires sont des déterminants de l’état nutritionnel des enfants et des femmes enceintes puisqu’elles ont une influence importante sur la croissance, l’évolution et l’issue des gros- sesses ; ces produits à base de la farine du riz sont enrichis par les légumineuses locales riches en pro- téines telles que le haricot, soja, arachide.DES TECHNOLOGIES MAITRISÉESParmi les technologies maitrisées on peut citer la conduite des pépinières et vergers fruitiers (gref- fage, bouturage, multiplication rapide de rejets d’ananas, marcottage du safoutier), toutes ces techniques permettant de réduire notablement la durée avant l’entrée en production (3 à 4 ans seulement pour les fruitiers greffés ou marcottés contre 7 à 10 ans chez les plants de semis).On peut également mentionner les techniques de régénération de vieilles cacaoyères (taille et gref- fage sur des repousses...) en procédant éventuel- lement à des reconversions variétales avec un retour précoce à la mise à fruits. La production des semences améliorées de palmiers à huile, de plants greffés d’hévéa constituent d’autres techno- logies à côté de la maîtrise de la gestion des maladies et ravageurs importants qui sont de sérieuses contraintes de production. Il convient de noter que pour ces différentes spéculations la maîtrise de la transformation des produits après récolte ainsi que les itinéraires de valorisation des sous-produits qui apportent une valeur ajou- tée, relève de la Coordination Scientifique en charge des Systèmes de Production.Autres technologies maitrisées, les techniques syl- vicoles des essences locales ou introduites, une soixantaine d’espèces locales et une dizaine d’essences introduites dans la zone soudano- sahélienne, cinq espèces locales et une dizaine d’essences exotiques en zone de savane humide, de même que les principales espèces de bois d’œuvre de la région floristique congo- guinéenne (forêt du Sud Cameroun). Le dévelop- pement des plantations de pin (Pinusoocarpa, de par sa productivité de l’ordre de 26 m3 ha-1 an-1 et P. kesiya) et d’eucalyptus en zone de savane humide d’altitude est un indicateur de la maîtrise des techniques sylvicoles de ces espèces. C’est ainsi que de nombreux boisements privés desti- nés à la production des poteaux (dont la seule usine d’imprégnation est située à Bafoussam) et de perches se sont développés, parfois au détri- ment des plantations caféières actuellement moins rémunératrices.DES RÉSULTATS SAILLANTS ET VALORISABLESL’IRAD peut se targuer d’avoir obtenu, ces cinq dernières années, des résultats probants. On peut mentionner à ce sujet l’intensification de la productivité du cacaoyer et des caféiers. Et aussi l’introduction dans ses collections de plus de 30 clones internationaux résistants à la pourriture brune du cacaoyer, ainsi que le développement de quatre variétés hybrides résistants à la pourri- ture brune et précoces (production à partir de 18 mois après plantation). Au niveau des parcelles mises en place, 4 ha d’essais de clones et d’hy- brides de cacaoyers ont été plantés en Station.Par ailleurs, différentes méthodes de lutte ont été identifiées contre l’anthracnose des baies qui occasionne des pertes de production de l’ordre de 60%, soit 480 à 660 kg de café marchand par hectare. La pratique de l’ombrage avec des arbres fruitiers (avocatiers, manguiers, kolatiers, «fruits noirs», etc.) permet de diminuer ces pertes de récoltes de moitié, soit un gain de 240 à 330 kg de café marchand par ha. Cette pratique constitue en outre une voie de diversifi- cation des revenus agricoles compatible avec la caféiculture.Des espèces fruitières ont été sélectionnées et sont diffusées en fonction des zones agro écologiques. Les travaux de recherche sur l’hévéa ont abouti au développement des systèmes d’exploitation appro- priés pour un certain nombre de matériel végétal introduit au Cameroun. Ceci a permis d’augmen- ter la durée de vie des champs d’exploitation (de 25 à > 30 ans), etc. Relevons que l’IRAD a rem- porté 4 médailles d’or au Salon international des Innovations de Genève, tenu en avril 2016 nLes services de l’IRAD de Yaoundé


































































































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