Page 356 - Atouts-Cameroun-2017-FR
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356LES ATOUTS ECONOMIQUES DU CAMEROUNmonétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Les argu- ments en faveur de la fusion de ces deux places reposent essentiellement sur l’étroitesse du marché sous-régional. Sur le champ de la concurrence, la DSX se positionne aujourd’hui comme leader.Le premier emprunt obligataire réalisé par la Société financière internationale (SFI) l’a démon- tré. Sur un montant de 20 milliards de FCFA, la DSX a réussi à mobiliser 45 % de l’emprunt, au lieu des 25 % de prévisions de départ. Cette capacité de mobilisation a conduit à une nou- velle vision du développement des marchés bour- siers en zone CEMAC. D’importants partenaires financiers, à l’instar de la Banque mondiale, pro- posent désormais une interconnexion technique entre la bourse DSX et la bourse régionale.Suivant ce train, la réussite de l’emprunt obliga- taire de 200 milliards de FCFA lancé par l’Etat du Cameroun en 2010 a conforté un capital confiance de plus en plus grandissant au sein de la place de Douala. D’autres opérations du même genre sont envisagées, notamment un second emprunt obligataire annoncé par le Cameroun. Il en faudra certainement davantage pour persuader les entreprises publiques et pri- vées, nationales et régionales, à ouvrir leurs capi- taux, ou simplement à se laisser tenter par les modes de financement que propose Douala Stock Exchange (DSX).OUVERTURE SUR LE MARCHEC’est le risque mesuré et porteur qu’ont pris les trois entreprises déjà cotées sur cette place. Il s’agit de la Société des eaux minérales du Cameroun (SEMC), filiale camerounaise du groupe français Castel, de la Société agricole et forestière du Cameroun (SAFACAM), l’une des principales sociétés agroalimentaires du pays, et de la Société camerounaise de palmeraies (SOCAPALM). Ces deux dernières sociétés appartiennent au groupe français Bolloré.Au cours des derniers mois, d’autres entreprises, motivées par la réussite des trois pionnières, ont manifesté leur intention de rejoindre la côte. Si le Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale (FEICOM) et la Société sucrière du Cameroun (SOSUCAM) devaient traduire leurs intentions en réalité, le leadership déjà éta- bli de la DSX ne devrait que s’en trouver mieux. En tout cas, il y a des raisons pour ces entreprises de se laisser séduire.INCITATIONS INTERESSANTESPour attirer plus de souscripteurs et d’émetteurs, l’Etat du Cameroun a mis en branle un certain nombre d’incitations : réduction de l’IS (impôt sur les sociétés) pour une période de trois ans. Dans cette veine, les émetteurs peuvent, selon les conditions, bénéficier d’un taux de droit communpouvant aller jusqu’à 10 %, une réduction subs- tantielle par rapport au taux de droit commun, qui se situe à 35 %. Ces dispositions sont valables pour les entreprises non-cotées, faisant un appel public à l’épargne et qui consentent à échanger des titres de capital ou de créance à la bourse.De manière générale, des dispositions légales sur la fiscalité offrent de nombreux avantages aux entreprises qui s’ouvrent à la cotation boursière. Ces dispositions particulières et bien d’autres, s’inscrivent dans une logique de base, destinée à soutenir les efforts de développement économique du pays. C’est ainsi qu’il faut voir le marché finan- cier qu’est la DSX, qui dans un environnement foi- sonnant d’opportunités, offre des perspectives d’investissement, susceptibles de doper la crois- sance économique. Il est dès lors question de :• Soutenir plus efficacement la stratégie de déve- loppement basée sur le libéralisme économique que le Cameroun a adoptée ;• Collecter l’épargne longue pour l’orienter directe- ment vers le financement des investissements, à un taux plus avantageux que celui offert par les banques et les établissements de crédits spécialisés ;• Renforcer les fonds propres des entreprises, y compris des banques implantées au Cameroun ;• Déplacer les excédents financiers ;• Attirer les capitaux étrangers ;• Libérer la banque centrale du financement du développement, afin qu’elle puisse se consacrer à sa mission primaire, qui est d’assurer la stabilité monétaire.Salle des marchés de la Douala Stock Exchange


































































































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