Page 54 - Atouts-Cameroun-2017-FR
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54L’Hotel de ville de Bandjoun, dans la Région de l'Ouest, le chef-lieu du département du Koung-Khiétait en partie élu. La loi de 1974 portant organisa- tion communale a généralisé l'élection du corps déli- bérant, bien qu'il exista des communes à régime spécial et que dans les communes rurales les sous- préfets aient été des administrateurs municipaux.DES ACTEURS LOCAUX MOBILISÉSET ORGANISÉS POUR ACCUEILLIR LA DÉCENTRALISATION.Les lois de décentralisation témoignent d'un fort renforcement des compétences et des responsa- bilités des élus. La liberté des élus, accrue par la suppression du contrôle à priori systématique constitue un changement essentiel. Désormais les élus du Cameroun sont maîtres et responsables de la majorité de leurs actes. Cela devrait libérer leurs initiatives, pour la mise en œuvre de nou- velles politiques.Mais cette liberté et cette confiance sont très encadrées par la loi. En proposant une amorce de statut de l'élu local, le Gouvernement a conscience des risques et des exigences qu'en- gendre la fonction élective. C'est pourquoi, il est prévu de protéger les élus, par une prise en charge par leurs collectivités, des préjudices résultant d'accidents survenus dans l'exercice de leurs fonctions. Il est exigé une assiduité des membres des conseils municipaux et régionaux. Sont organisées des modalités de suspension et de révocation transparentes. De plus, un régime d'incompatibilités cohérent avec l'accroissement des responsabilités des élus est proposé.En effet, en ne permettant pas aux maires et aux pré- sidents de régions d'exercer parallèlement d'autres activités trop exigeantes en temps et en responsabi- lité, le service public est protégé. Car la fonction d'élu local et régional exige et exigera qu'on lui consacre beaucoup de temps, sous peine de malmaîtriser les choix à opérer face à des interlocuteurs publics et privés, face à une population en demande. La loi d'orientation de la décentralisation prévoit également, que les collectivités gèrent libre- ment le personnel nécessaire à l'accomplissement de leurs missions et que le statut de ce personnel soit fixé par un décret du Président de la République.Cette mesure révèle le fort enjeu de la création d'une fonction publique territoriale. Car pour doper les collectivités territoriales, il sera nécessaire de les rendre attractives pour les nombreux cadres que compte l'administration camerounaise.Très rapide- ment, une passerelle entre la fonction publique de l’Etat et la fonction publique territoriale devra être opérée. Le rapprochement des administrations cen- trales et locales, des administrations de tutelle et des collectivités, contribuera à une milleure connais- sance des environnements professionnels des uns et des autres, ce qui favorisera le respect mutuel et une meilleure collaboration.Ce respect mutuel, entre notamment collectivités et autorités de tutelle, représente une problématique que le mouvement municipal en phase de structu- ration au Cameroun, n'a pas oublié d'aborder. En effet, l'association Communes et villes unies du Cameroun (CVUC) née d'une fusion en décembre 2003 de deux structures rivales, prit à bras le corps les questions de décentralisation, afin d'ap- porter des solutions aux problèmes concrets que les collectivités rencontrent quotidiennement.UNE PLACE DE CHOIX À LA FORMATIONUne attention particulière est accordée à la forma- tion, dans le processus de décentralisation. Parce que le succès de cette mutation et les retombées posi- tives attendues, dépendent de la qualité des hommes et des femmes chargés de la conduire. Tous les acteurs devront être bien préparés. Les fonctionnaires de l’administration territoriale, ceux de l’ensemble des administrations centrales et décentralisés, comme le personnel des collectivités territoriales. Ceux-ci pour l’exercice des compétences transférées ; ceux-là, pour l’assistance et le contrôle.D’autant plus que l’on passera d’un système de contrôle à priori à un système mixte (à la fois à priori et à posteriori). Au ministère de l’Administration terri- toriale et de la Décentralisation (MINATD), on s’ac- tive autour de l’élaboration, puis de la mise en œuvre d’un plan de formation. Globalement, les modules se regroupent autour de plusieurs centres d’intérêt : le cadre juridique et réglementaire ; la gestion des ressources humaines ; la gestion finan- cière et comptable ; la tutelle et le contrôle de léga- lité ; la gouvernance et le partenariat.Dans ce dernier domaine, il s’agira par exemple d’inculquer au personnel des collectivités territo- riales, ce que sont : le service public, la démo- cratie locale, l’éthique de l’administration locale, le contrôle de gestion, les plans de développe- ment territoriaux, le management.LES ATOUTS ECONOMIQUES DU CAMEROUN


































































































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