Page 11 - Atouts Economiques Cameroun-2019-FR
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                 infrastructures de communication, les opérateurs économiques ressentent et apprécient déjà les retombées bénéfiques des pénétrantes Est et Ouest de Douala, ainsi que du deuxième pont sur le Wouri. Les effets multiplicateurs de ces importantes réalisations vont s’amplifier avec l’achèvement en vue des travaux de construction des autoroutes Kribi – Lolabe et Yaoundé – Douala (phase I). Sans compter la route Mora – Dabanga – Kousseri actuellement en chantier.
RÉSILIENCE
Autant dire que de précieux jalons dans l’optique d’une relance de la croissance ont déjà été posés qui ne demandent qu’à être capitalisés. C’est la voie royale pour maintenir et renforcer la résilience qui a caractérisé l’économie camerou- naise ces dernières années. En dépit des chocs et perturbations nombreux et multiformes, aussi bien internes qu’exogènes. Garder le cap est de nature à garantir des avancées significatives vers l’émergence à l’horizon 2035 selon les orienta- tions prescrites par le président Paul Biya.
L’un des principaux leviers devant y contribuer réside dans la poursuite de la lutte contre la cor- ruption, ce fléau corrosif qui gangrène l’écono- mie, freine le développement, accroît les coûts de production. Il est permis d’envisager que la croisade engagée depuis plusieurs années contre les délinquants en col blanc et autres pré- dateurs de la fortune publique se poursuive avec une plus grande fermeté. Cette exigence républi- caine est d’autant plus indispensable que la cor- ruption contribue largement à ternir l’image du pays. Ce qui érode la confiance des investisseurs potentiels nationaux et étrangers. La promotion d’une plus grande sécurité judiciaire participe de ce vaste chantier de renforcement de la bonne gouvernance qui doit être une cause nationale.
VIVIER INESTIMABLE
D’autres chantiers majeurs du septennat ont trait à la modernisation de l’agriculture et à une nou- velle impulsion à l’économie numérique. Ce der- nier secteur s’impose progressivement comme un vecteur incontournable de croissance en ce qu’il constitue un vivier inestimable de création d’em- plois. Une source d’espoir avéré pour les géné- rations montantes massivement tournées vers l’in- novation. La même dynamique demande à être concrétisée dans le secteur de l’agriculture dont vit une part non négligeable de la population. Des politiques judicieuses et plus volontaristes devraient permettre au Cameroun de produire plus et mieux. Une opportunité à saisir pour réduire les importations de denrées alimentaires, freiner l’exode rural, créer des milliers d’emplois.
Toutefois, il demeure que tous ces chantiers ne peuvent connaître un aboutissement bénéfique à l’ensemble de la nation que s’ils sont conduits
dans un climat de paix et de sécurité optimal. On peut observer sur ce chapitre que si les assauts de la secte Boko Haram sont aujourd’hui conte- nus, voire neutralisés, la situation sécuritaire demeure préoccupante dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Avec une inci- dence néfaste sur le reste du pays.
Ainsi, une récente étude du Groupement inter- patronal du Cameroun (GICAM) révèle que la perturbation des activités économiques dans ces deux régions s’est traduite par une perte à ce jour de quelque 7000 emplois. Ainsi qu’une chute de 20% des recettes d’exportation du pays. Dans son discours d’investiture le 6 novembre dernier, le président Paul Biya acquis aux vertus du dialogue républicain, a exhorté « les entrepreneurs de guerre » à déposer les armes. Indiquant que les « frustrations et les aspirations » de la plupart de ses concitoyens de ces deux régions trouveraient notamment des réponses appropriées dans l’accé- lération du processus de décentralisation en cours.
CÉLÉRITÉ
Il convient de relever que les lois qui encadrent cet important pan de la vie de la nation prévoient deux catégories de collectivités territoriales décen- tralisées (CTD), les communes et les régions. Si les premières sont une réalité tangible et vivante, la mise en œuvre des conseils régionaux est encore attendue. Leur avènement devrait rapprocher davantage l’administration des populations, au profit de celles-ci. En d’autres termes, leurs préoc- cupations, besoins et attentes devraient se résou- dre avec plus de célérité. Sans qu’il soit néces- saire de remonter au niveau central.
Du haut de la tribune de l’Assemblée nationale, le président Paul Biya a laissé entrevoir, à plus ou moins brève échéance, la perspective d’un élar- gissement du champ de compétences des collec- tivités territoriales décentralisées. De fait, les pou- voirs publics ont déjà amorcé un renforcement significatif de l’accompagnement des régions, communes et syndicats de communes. Dans ce sil- lage, s’inscrit la récente réorganisation du Fonds d’intervention international (FEICOM) habilité dés- ormais à rechercher des financements à l’interna- tional en vue de mieux assurer l’équipement et la structuration économique des différents CTD.
En somme, des jours meilleurs s’annoncent dans l’optique d’une accélération de la marche vers l’émergence du Cameroun. Une quête de moder- nité qui requiert la sauvegarde de la paix, de l’unité nationale, de l’intégrité territoriale du pays. Principal point d’ancrage : un rôle accru des femmes et des jeunes. Parlant de ceux-ci dans le discours inaugural de son nouveau septennat, le chef de l’Etat a assuré comprendre leurs aspirations légitimes à l’épanouissement, à une plus grande participation à la prise des décisions qui engagent l’avenir du pays. Et de marteler que le Cameroun de demain se fera avec eux. Tout un programme...
LES ATOUTS ECONOMIQUES DU CAMEROUN
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