Page 196 - Atouts Economiques Cameroun-2019-FR
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                 LES ATOUTS ECONOMIQUES DU CAMEROUN
Par ailleurs, lors de la répartition des ressources aux Collectivités locales, un prélèvement de 4% de la masse globale est opéré en faveur des Communes frontalières et/ou sinistrées. Ces fonds sont mobili- sés sur décision du Ministre en charge de la Décentralisation, juge de l’opportunité du finance- ment. C’est sur cette réserve de 4% qu’en cas de catastrophe ou de sinistre, des infrastructures ou équipements peuvent être construits ou réhabilités par le FEICOM en faveur de la Commune victime. De même, d’autres projets et des programmes peu- vent être réalisés dans les Communes frontalières et/ou sinistrées dans le cadre de la gestion de ce fonds. C’est l’application du principe de solidarité qui est ainsi manifestée.
SOUTENIR LES COMMUNES VULNÉRABLES
Sur instructions du Ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation, un Programme à Impact Rapide (PIR) a été formulé puis financé par le FEICOM en 2017. D’un montant de 4,7 mil- liards FCFA, ce programme est destiné aux 47 Communes de l’Extrême-Nord exposées aux chan- gements climatiques et aux effets néfastes de l’insé- curité transfrontalière. C’est un appui financier d’ur- gence qui fait partie des mesures prises par le Gouvernement en vue du renforcement de la rési- lience des Communes de cette partie du territoire national. Son montage financier prévoit la mobilisa- tion du budget du FEICOM dédié aux investisse- ments communaux à hauteur de 3.995.000.000 FCFA et la contribution du compte de la réserve des 4% destiné aux Communes frontalières et sinistrées, à hauteur de 705.000.000 FCFA. En guise de répartition, chacune des 47 Communes a bénéfi- cié d’un financement de 100.000.000 (cent mil- lions) FCFA, pour la réalisation des infrastructures sociales à impact rapide, permettant de fournir de manière durable des services de base à une popu- lation en croissance exponentielle du fait de l’afflux des réfugiés et des déplacés.
Les 105 projets proposés par les Maires dans le cadre du PIR concernent quatre secteurs prioritaires : l’éducation (construction et équipement des écoles), l’approvisionnement en eau et l’assainisse- ment (construction des puits, des forages, des mini réseaux d’alimentation en eau potable et des latrines), l’électrification (installation de kits solaires et éclairage public) et la santé (construction, exten- sion ou réhabilitation des centres de santé). Au- delà de ces appuis ponctuels, au cours de la période allant du 01 janvier 2011 au 31 mars 2018, le FEICOM a accordé des financements à hauteur de 131 604 596 868 F CFA, pour la réalisation de 1736 projets dans 366 Communes et Communautés Urbaines.
Les financements ont porté principalement dans le secteur des infrastructures et l’acquisition des engins, dans lesquels l’organisme a injecté au cours de la période sous revue, 80,4 milliards de FCFA, représentant 37% du nombre total de projet financés. L’enseignement, la formation et la
recherche ont bénéficié d’un financement de 19 milliards FCFA au cours de la même période. Il faut aussi relever que le secteur de la coopéra- tion décentralisée est celui ayant bénéficié du plus grand nombre de projets financés (41,8%), pour un montant global de 6,3 milliards FCFA.
Notons que le FEICOM appuie des projets dans tous les secteurs où des compétences ont été transférées aux Communes notamment :
• Les Infrastructures de base : eau potable, assainissement, énergie, routes, voies et réseaux divers, ouvrages d’art et de franchissement, infra- structures scolaires, centres de santé, opérations de reboisement ;
• Les équipements socio-collectifs : bâtiments abritant les services publics locaux, espaces socioculturels (bibliothèque, cybercafé, musée, salle communale polyvalente...), les infrastruc- tures socio-sportives ;
• Les projets de services marchands : marchés, entrepôts et centres commerciaux, gares rou- tières, aires de repos, établissements touristiques municipaux, abattoirs et autres unités de transfor- mation agropastorales et forestières, les unités d’exploitation des mines et carrières ;
• Les projets d’infrastructures générateurs de revenus : salles de fêtes, logements communaux, lotissements, aménagements, forêts communales, parcs de loisirs, sites touristiques, lotissements, projets agropastoraux ;
• Les équipements utilitaires : véhicules de liai- son, camions, engins de travaux publics et agri- coles, petits équipements communaux, équipe- ments de production industriels ;
• Les facilités de caisse : contreparties commu- nales, factures diverses, arriérés de salaires, frais d’études, manifestations à caractère culturel, ren- forcement de capacités des élus et personnels communaux, missions de coopération ou d’études.
Les concours financiers du FEICOM sont régis par plusieurs outils qui fixent entre autres, les conditions d’accès, la structuration des financements et les seuils de financement et les conditions de rembour- sement des prêts. Ce sont le Code d’Intervention du FEICOM (CIF), le Programme d’Assistance aux Communes à Revenus Faibles (PACARF), le Cadre Particulier d’Investissement pour les Communautés Urbaines et les Communes à fort potentiels (CAPIC), le Cadre d’Appui du FEICOM pour les Actions Internationales des Communes (CAFAIC), METROPOLE et INTERCOM.
En rapport avec les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), puis les Objectifs de Développement Durable (ODD) adoptés en 2015, les financements du FEICOM pour la période de référence ont permis d’accomplir des progrès significatifs dans la lutte contre la pauvreté à travers le renforcement des capacités


















































































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