Page 32 - Atouts Economiques Cameroun-2019-FR
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                 Dans les pays émergents, l’activité devrait s’ac- célérer en Chine, avec un taux de croissance estimé à 6,8 % en 2017, et projeté à 6,5 % en 2018. Un fléchissement est attendu dans le sec- teur industriel bien que compensé par une crois- sance plus vigoureuse du crédit et d’un accrois- sement de l’investissement public. Le processus de rééquilibrage de l’économie chinoise devrait, à terme, profiter tant à la Chine qu’au monde entier. En Inde, la croissance devrait s’établir à 6,7 % contre 7,1 % en 2016, du fait de la persistance des perturbations liées à l’échange de billets, ainsi que des coûts de tran- sition liés au lancement de la taxe nationale sur les biens et services en juillet 2017. Cette der- nière mesure devrait aboutir à terme à l’unifica- tion du vaste marché intérieur indien. En 2018, la croissance devrait remonter à 7,4 % ; Dans les autres pays émergents, plusieurs pays à l’ins- tar du Brésil (-3,6 % en 2016 ; 0,7 % en 2017) et de la Russie (-0,2 % ; 1,8 %) sortent progres- sivement de la récession.
En Afrique subsaharienne, la croissance du Produit intérieur brut (PIB) réel devrait graduelle- ment remonter, après le ralentissement observé en 2016. Toutefois, les perspectives ne sont pas favorables et le revenu par habitant stagne dans plusieurs pays. Les pays exportateurs de produits de base, y compris ceux producteurs de pétrole, sont particulièrement touchés par l’ajustement prolongé à la baisse des recettes d’exportations. La croissance est envisagée à 2,6 % en 2017 contre un taux de 1,4 % observé en 2016 ; elle est projetée à 3,4 % en 2018.
Dans la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale), la récession se poursuit, les cours mondiaux de pétrole se mainte- nant à la baisse. En effet, cinq pays sur six (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad) produisent le pétrole, qui représente envi- ron 60 % du total des exportations. Entre 2014 et 2016, les recettes publiques tirées des exporta- tions de pétrole ont diminué de moitié, du fait de la chute des prix internationaux. Dans le même temps, les politiques budgétaires nationales expan- sionnistes et une politique monétaire accommo- dante ont contribué à réduire les réserves de change qui ont atteint 2,3 mois d’importations en fin 2016, menaçant la stabilité du FCFA. Pour redresser les économies en vue d’atteindre une croissance durable, une stratégie est mise en œuvre depuis janvier 2017, appuyée par les pou- voirs publics, les autorités régionales et le FMI. Au niveau national, la stratégie repose sur : l’ajuste- ment budgétaire pour rétablir les équilibres macroéconomiques ; les réformes structurelles pour assainir les finances publiques et améliorer le cli- mat des affaires. Au niveau sous régional, les mesures visent à : resserrer la politique monétaire et la gestion des liquidités pour rétablir la stabilité extérieure ; renforcer le secteur financier.
Selon les dernières projections de la Banque des Etats de l'Afrique Centrale (BEAC), la situation économique de la sous-région s’est quelque peu améliorée, même si elle reste préoccupante. Le taux de croissance économique est estimé à 0,2 % en fin 2017 comme en 2016. Les comptes extérieurs s’améliorent, le déficit du compte cou- rant revenant à 6,4 % du PIB, après 15,3 % du PIB en 2016. Quant au déficit du solde budgé- taire base engagements, hors dons, il recule à 3,1 % du Produit intérieur brut (PIB). Le taux de couverture de la monnaie s’établit à 59,1 %.
LES MOTEURS DE LA CROISSANCE AU CAMEROUN
L’économie nationale a fait preuve de résilience face au double choc extérieur, pétrolier et sécuri- taire. La diversification de l’économie a été un atout qui a permis de maintenir la croissance économique à un niveau satisfaisant malgré la forte chute des cours du pétrole et des autres pro- duits de base. Toutefois, la croissance a ralenti passant de 5,7 % en 2015 à 4,5 % pour l’an- née 2016. La production de pétrole qui, depuis 2012 est en augmentation grâce à la mise en production de nouveaux champs, a permis d’at- ténuer les effets de la baisse des cours en 2015. Elle diminue de 3,7 % en 2016. Hors pétrole, la croissance est plus dynamique. Elle s’établit à 5,1 % en 2016 contre 4,4 % en 2015.
Dans le secteur primaire, l’activité progresse de 6,8 % contre 5,3 % en 2015, tirée principale- ment par la branche « agriculture », qui bénéficie du dynamisme de sa composante « agriculture industrielle et d’exportation ». Ce dynamisme est lié aux différents investissements qui ont été réali- sés dans les filières cacao/café depuis 2012/2013. Par ailleurs, l’introduction des techniques agricoles modernes à travers la méca- nisation, la distribution de plants et des semences à haut rendement, et le renforcement de l’enca- drement des producteurs, permettent d’accroître la production nationale. Ce secteur pèse 15,3 % du Produit intérieur brut (PIB).
Dans le secteur secondaire, la croissance ralentit à 3,2 % en 2016, après 9,6 % en 2015. Cette décélération est imputable au ralentissement de l‘activité dans les branches « production et distri- bution d’électricité », « production, distribution d’eau et assainissement » et « industries extractives ». Dans les industries extractives le vieillissement des champs pétroliers et la chute des cours n’inci- tent pas à réaliser les investissements. A contrario, la branche « bâtiments et travaux publics » a été dynamique en 2016, grâce à la poursuite des grands chantiers d’infrastructures routières et des ouvrages d’art, la construction des routes dites de désenclavement des bassins de productions agri- cole, pastorale et touristique. Ce secteur repré- sente 24,5 % du Produit intérieur brut (PIB).
 LES ATOUTS ECONOMIQUES DU CAMEROUN

























































































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