Page 59 - Atouts Economiques Cameroun-2019-FR
P. 59

                Francophones (AIMF). Il faut dire que la capi- tale du Cameroun connaît une expansion spa- tiale et une croissance démographique accélé- rées. Plus de trois millions d’habitants répartis sur un site accidenté d’environ 310 km carrés. Cette urbanisation rapide et mal contrôlée aggrave les difficultés d’orientation et de locali- sation pour les habitants ou les personnes de passage dans la cité.
Il faut le relever, les populations utilisent des noms usuels de lieux même là où les rues sont dénommées. Parce que, en effet, une opération de dénomination des rues a eu lieu en 1976 et 130 rues ont été baptisées. Entre-temps, des opérations ponctuelles ont permis la dénomina- tion de certaines rues, ce qui porte le nombre de rues dénommées à 140, sur un total d’envi- ron 5000 rues.
Une première opération d’adressage a été réali- sée en 1994 dans le cadre du 2e projet de développement urbain financé par la Banque Mondiale et le Fonds Spécial de Développement de la Coopération française. Elle a consisté en la numérotation des entrées de portes, la consti- tution d’une base de données des adresses, la pose des plaques de rues et l’édition de 1000 plans guides. Les rues avaient d’abord été numé- rotées en attendant leur dénomination. Toujours est-il que pour la Communauté urbaine de Yaoundé, il s’agissait de mettre en place un sys- tème d’identification des voies, des constructions, des parcelles et des équipements publics. Ce qui doit favoriser le repérage facile autant pour les habitants que les visiteurs (munis d’un plan), le code et l’adresse indiquant immédiatement dans quelle zone se trouve telle ou telle rue.
Il y a quelques années, un contexte national et international favorables ont permis la relance de l’opération d’adressage de la ville de Yaoundé.
D’une part, le Premier Ministre, Chef du Gouvernement a signé, en avril 2009, un Arrêté portant création, organisation et fonctionnement du Comité interministériel sur l’adressage des villes du Cameroun. Cet acte, qui s’inscrivait dans la Vision d’Emergence à l’horizon 2035, traduisait à
suffisance la volonté des pouvoirs publics, sous la très haute impulsion du Chef de l’Etat, de doter les villes camerounaises d’un système de repérage à l’image de la ville moderne du 21e siècle.
MOBILISATION DES RECETTES
D’autre part, l’AIMF, opérateur des sommets fran- cophones, en application d’une Résolution de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement ayant le français en partage, tenue à Cotonou en 1995, a été sollicitée pour intervenir en matière de « modernisation des services de municipalités partenaires ». Et dans le cadre du développement de ses activités en Afrique Centrale, l’AIMF a pro- posé, en septembre 2013, à la Communauté urbaine de Yaoundé, de cofinancer, avec l’Union Européenne, un projet d’adressage et de mobili- sation des recettes à Yaoundé. Ceci dans l’objec- tif de mettre à jour l’adressage réalisé en 1994 et de mettre en place des mécanismes nécessaires à l’augmentation des recettes.
C’est ainsi qu’en juin 2015, l’AIMF et la Communauté urbaine de Yaoundé ont signé une Convention de 400 000 euros (262,4 millions de F CFA), pour la réalisation de l’adressage de Yaoundé, conjointement financé par les deux entités : 300 000 euros pour l’AIMF et 100 000 euros pour la Communauté urbaine. La mise en œuvre du projet s’étale sur 36 mois à compter de février 2016. Après la phase d’enquête sur le terrain et la numérotation des entrées, la pose des plaques de rue a suivi.
En plus d’être une opération qui vise à faciliter le repérage, l’adressage constitue une initiative per- mettant, fondamentalement, d’améliorer la ges- tion urbaine. Mais l’adressage améliore aussi : le vivre ensemble et la participation citoyenne ; l’in- tégration sociale ; les rapports citoyens-pouvoirs publics ; les rapports inter-citoyens ; la localisa- tion des services urbains ; les interventions d’ur- gence (ambulances, pompiers, police...). Pour toutes ces raisons, les autorités de la Communauté urbaine de Yaoundé invitent vive- ment les populations de la capitale camerou- naise à se l’approprier n
Transformation du paysage (ancien dépot SCDP) après canalisation du Mfoudi
  Transformation du paysage (ancien dépot SCDP) avant canalisation du Mfoudi
LES ATOUTS ECONOMIQUES DU CAMEROUN
59
 




















































































   57   58   59   60   61